Entre les rochers dorés de la Gallura, les ports tournés vers les îles et les tables familiales de l’arrière-pays, le nord de la Sardaigne se découvre par petites séquences. En quelques jours, on peut mêler villages de caractère, baignades limpides, marche dans le maquis et escapade en mer. Voici huit expériences concrètes pour composer un séjour vivant, sans courir d’un point à l’autre.
1. Flâner dans les villages et les ports de Gallura
Commencez par Tempio Pausania, dans les collines de Gallura. Ses façades de granit, ses ruelles fraîches et ses terrasses donnent une autre image de l’île, loin du rivage. C’est une bonne halte pour sentir le rythme plus rural du nord, surtout le matin, lorsque les cafés ouvrent sur les petites places.
Sur la côte, Santa Teresa Gallura offre une ambiance plus maritime : un port actif, une vieille tour espagnole et des vues ouvertes vers la Corse. Palau, plus au sud-est, sert quant à lui de camp de base pratique pour rejoindre La Maddalena. Prenez le temps de vous éloigner des quais : les rues hautes et les belvédères réservent souvent les plus belles lumières de fin de journée.
Pour les voyageurs avec enfants, alterner un village, une glace sur le port et une plage proche évite de transformer la journée en trajet. Cette logique rejoint les conseils pour choisir une destination balnéaire familiale : privilégier des étapes courtes et des lieux où chacun trouve son rythme.
2. Lire les paysages granitiques entre maquis et belvédères
La Gallura a une silhouette bien à elle. Le granit affleure partout, en blocs ronds, en falaises striées ou en formes presque animales sculptées par le vent. Le Roccia dell’Orso, au-dessus de Palau, est l’un des repères les plus connus : une courte montée mène à un panorama généreux sur l’archipel et la côte découpée.
Plus que la performance, cherchez ici la balade au bon moment. En avril, mai, septembre ou octobre, les sentiers du littoral se parcourent dans une lumière douce, avec les odeurs de myrte et d’immortelle. En été, partez tôt, avec eau, chapeau et chaussures fermées : le sol granitique chauffe vite et l’ombre reste rare.
- Pour une marche facile, choisissez les abords de Capo Testa ou les chemins côtiers près de Palau.
- Pour les panoramas, visez les hauteurs en fin d’après-midi, quand la mer prend des reflets argentés.
- Restez sur les sentiers balisés : le maquis paraît accueillant, mais il est dense et fragile.
3. Alterner plages animées et criques discrètes
Répondre à la question « que faire dans le nord de la Sardaigne » passe forcément par la mer. La Rena Bianca, à Santa Teresa Gallura, séduit par son sable clair et son accès immédiat depuis le centre. Elle convient bien à une baignade simple entre deux visites, mais elle se remplit rapidement en haute saison.
Pour une ambiance plus minérale, rejoignez Capo Testa et ses petites anses encaissées entre les rochers. Vers Palau, Porto Pollo attire les amateurs de planche à voile et de kitesurf, tandis que les plages de l’isola dei Gabbiani s’étirent dans un décor plus ouvert. Les jours de vent, observez la mer avant de poser votre serviette : certaines baies restent calmes quand d’autres deviennent sportives.
En juillet et août, arrivez avant 9 heures dans les sites les plus populaires. Vérifiez aussi les règles locales de stationnement et d’accès : plusieurs espaces protégés limitent les voitures ou demandent une réservation à certaines périodes. Emportez un sac pour vos déchets et évitez de déplacer pierres, sable ou végétation ; ces criques doivent beaucoup de leur charme à leur équilibre préservé.
4. Prendre le large vers l’archipel de La Maddalena
Depuis Palau, le ferry rejoint La Maddalena en une vingtaine de minutes environ. C’est l’option la plus souple pour explorer l’île principale à son rythme, en voiture ou en scooter. La route panoramique qui en fait le tour offre des arrêts faciles, entre pinèdes, anses translucides et promontoires tournés vers Caprera.
Une excursion organisée convient davantage à ceux qui veulent consacrer la journée à la baignade et au snorkeling. Les bateaux font généralement escale dans des zones aux eaux très claires, avec un temps de navigation qui fait partie de l’expérience. La location d’une petite embarcation, avec ou sans skipper selon votre permis et votre aisance, apporte plus de liberté mais exige de surveiller météo, carburant et zones autorisées.
Une journée qui reste légère
Évitez de vouloir voir toutes les îles. Choisissez un port de départ, deux ou trois temps de baignade et un déjeuner simple à bord ou à terre. Caprera mérite à elle seule une halte pour ses chemins, ses plages et son caractère plus sauvage. En pleine saison, réservez votre traversée ou votre sortie en mer quelques jours à l’avance.
5. Suivre une côte panoramique jusqu’à Santa Teresa
Le nord de l’île se prête aux excursions lentes, ponctuées d’arrêts photo et de détours vers une plage. Entre Palau et Santa Teresa Gallura, la route révèle des caps granitiques, des criques et des vues lointaines sur les Bouches de Bonifacio. Gardez une demi-journée ou une journée entière pour cette traversée, plutôt que de la réduire à un simple déplacement.
Pour préparer les haltes, les routes secondaires et les points de vue sans improviser au dernier moment, consultez notre itinéraire côtier sarde. Il complète bien une découverte plus large de la Gallura, sans enfermer le séjour dans un seul parcours.
Conduisez avec patience : les distances semblent modestes, mais les routes sont sinueuses et les pauses se multiplient naturellement. Une petite voiture est plus facile à garer dans les villages et près des plages. Le camping-car demande davantage d’anticipation, en particulier autour des zones littorales fréquentées.
6. Goûter la Gallura et choisir son bon moment
La cuisine locale donne une profondeur bienvenue aux journées de mer. Dans une trattoria de village, cherchez les culurgiones, raviolis garnis selon les recettes locales, les malloreddus, les charcuteries sardes et les fromages de brebis. En Gallura, la zuppa gallurese, gratin rustique de pain, fromage et bouillon, tient bien au corps après une marche. Côté douceur, les seadas, beignets garnis de fromage et arrosés de miel, se partagent volontiers.
Les marchés et les petites épiceries sont de bons endroits pour composer un pique-nique : pain local, tomates, pecorino, fruits de saison et eau fraîche suffisent pour une halte face à la mer. Le soir, préférez les adresses qui affichent peu de prétention mais une salle remplie de familles et de conversations italiennes.
Pour organiser le séjour, comptez quatre jours pour relier Palau, La Maddalena, Santa Teresa et quelques plages sans vous presser ; une semaine permet d’ajouter l’arrière-pays et davantage de randonnées. Mai, juin, septembre et octobre offrent le meilleur équilibre entre températures, mer agréable et routes respirables. En 2026, l’été reste une période à réserver tôt, surtout pour les hébergements proches de Palau et Santa Teresa.
Avant le départ, inspirez-vous aussi de ces repères pour organiser un séjour insulaire : ils aident à penser les traversées, les réservations et le bon niveau de mobilité. Dans le nord sarde, le plus beau programme reste souvent le plus simple : une base bien choisie, une sortie en mer, un village de granit et du temps laissé aux détours.




