L’impact des bateaux de croisière sur l’environnement ne se limite pas au CO2 visible dans le sillage d’un paquebot. Un navire-hôtel consomme de l’énergie en continu pour sa propulsion, ses cabines, ses restaurants et ses loisirs, tout en produisant des eaux usées, des déchets et du bruit sous-marin. Les effets se concentrent aussi dans les ports et les escales, où plusieurs milliers de passagers peuvent arriver le même matin. Comprendre ces pressions permet de comparer les itinéraires, les technologies employées et les choix qui réduisent réellement l’empreinte d’un voyage en mer.
Pollution marine causée par les bateaux de croisière
Émissions de gaz à effet de serre
Les bateaux de croisière sont de grands consommateurs de combustibles fossiles, tels que le diesel marin, le fioul marin et, pour certains navires récents, le gaz naturel liquéfié. La combustion de ces carburants produit d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES), dont le dioxyde de carbone (CO2) est le principal représentant. À bord, les besoins ne s’arrêtent jamais vraiment : climatisation, cuisines, éclairage, traitement de l’eau et divertissements s’ajoutent à la propulsion. Les émissions varient donc fortement selon la taille du navire, son taux de remplissage, la distance parcourue et le temps passé à quai avec les moteurs en marche.
La combustion produit aussi des oxydes d’azote (NOx), des oxydes de soufre (SOx) et des particules fines. Ces polluants dégradent la qualité de l’air dans les villes portuaires et participent, pour les composés soufrés et azotés, à l’acidification des milieux. Un itinéraire rapide, avec de longues traversées nocturnes et des escales très brèves, laisse rarement au navire la possibilité de réduire sa vitesse : c’est l’un des paramètres les plus concrets à regarder avant de réserver.
Rejets toxiques dans l’eau
En plus des émissions atmosphériques, les bateaux de croisière génèrent une importante pollution de l’eau. Eaux grises issues des douches, cuisines et laveries, eaux noires des toilettes, eaux de cale susceptibles de contenir des hydrocarbures, résidus de nettoyage : ces flux doivent être collectés et traités. Les règles de rejet dépendent de la zone naviguée et de la nature de l’effluent ; elles ne signifient pas qu’un rejet est sans effet dans une baie peu renouvelée ou près d’un littoral fragile.
Les peintures antifouling, les lubrifiants et certains produits d’entretien ajoutent d’autres sources de contamination. Les bons opérateurs privilégient des systèmes de traitement performants, consignent les rejets et remettent une partie des résidus à terre. Pour le voyageur, la présence d’informations précises sur la gestion des eaux usées vaut davantage qu’une promesse environnementale générale.
C’est pourquoi il est temps pour les voyageurs de se tourner vers des croisières vertes et durables, https://www.concertation-environnement.fr/croisiere-verte-durable/ afin de préserver l’environnement marin.

Pourquoi les escales concentrent une grande partie de l’impact
Lorsqu’un paquebot accoste, son impact change d’échelle sans disparaître. S’il n’est pas raccordé à l’électricité du quai, il maintient une partie de ses moteurs auxiliaires en fonctionnement pour alimenter le navire. Le branchement électrique à quai peut réduire les fumées locales, à condition que le réseau soit disponible et que l’électricité soit peu carbonée. Tous les ports ne disposent pas encore de cette infrastructure, et tous les navires n’y sont pas compatibles.
L’arrivée simultanée de plusieurs milliers de visiteurs pèse aussi sur les transports, l’eau, les sanitaires et les sites patrimoniaux. Dans une petite île ou un village côtier, une escale de quelques heures peut concentrer une fréquentation comparable à celle d’un événement. Préférer une escale plus longue, un navire de capacité modérée et des déplacements à pied, à vélo ou en transports collectifs aide à mieux répartir les retombées comme les nuisances. Pour découvrir un territoire maritime à un rythme plus léger, un séjour dans le Golfe du Morbihan offre une autre manière d’aborder la navigation.
Déchets générés par les bateaux de croisière
Gestion des ordures
Le volume de déchets produits à bord des bateaux de croisière est considérable. Selon la capacité du navire, le nombre de passagers et le fonctionnement des cuisines, un grand paquebot peut produire chaque jour des volumes de l’ordre de :
- 7 tonnes de déchets solides ;
- 15 tonnes de déchets alimentaires ;
- 1 tonne de déchets dangereux (piles, batteries, peintures…).
Ces chiffres illustrent la nécessité de mettre en place une gestion efficace et responsable des déchets sur les navires. Le tri à bord, la réduction des emballages à usage unique, le compostage lorsque les filières portuaires existent et la remise à terre des déchets dangereux sont des critères plus parlants qu’un simple affichage « zéro plastique ». Les rejets en mer sont encadrés, mais la meilleure prévention reste de produire moins de déchets dès l’embarquement, notamment dans la restauration et les boutiques.
Microplastiques et pollution invisible
Une autre préoccupation environnementale liée aux bateaux de croisière concerne la présence de microplastiques dans les océans. Ces particules inférieures à 5 mm proviennent notamment des vêtements synthétiques lavés à bord, des emballages et de l’usure de certains équipements. Elles sont ingérées par la faune marine et s’accumulent tout au long de la chaîne alimentaire, mettant en péril l’équilibre des écosystèmes comme en Antarctique et la santé humaine.
Le sujet dépasse les seules bouteilles en plastique : les filtres de laverie, les textiles proposés aux passagers et la collecte des déchets de cuisine comptent aussi. Sur les itinéraires polaires ou insulaires, où les écosystèmes se reconstituent lentement, ces précautions prennent un poids particulier.
Biodiversité marine et bateaux de croisière
La multiplication des bateaux de croisière dans les eaux du globe a des conséquences directes sur la biodiversité marine. Le bruit généré par les hélices, les moteurs et les équipements perturbe le comportement des animaux marins, comme les cétacés qui utilisent leur système d’écholocation pour se déplacer, communiquer et chasser. La vitesse, le tracé des routes maritimes et la période de navigation comptent autant que le nombre de navires.
Les collisions entre bateaux et mammifères marins restent moins fréquentes que le trafic total pourrait le laisser penser, mais leurs conséquences peuvent être graves voire mortelles pour des animaux protégés. Des limitations de vitesse, des zones d’évitement et une veille attentive dans les secteurs connus de présence des baleines réduisent ce risque. L’ancrage peut lui aussi endommager les herbiers et les fonds sensibles : dans ces zones, les mouillages organisés évitent que chaque navire ne jette l’ancre au même endroit.
Comment choisir une croisière moins dommageable
Aucune croisière motorisée n’est neutre pour l’environnement. Il est toutefois possible d’écarter les offres les moins cohérentes en examinant quelques éléments avant le départ :
- privilégier un itinéraire avec moins de milles parcourus et davantage de nuits à quai plutôt qu’une succession d’escales éclair ;
- vérifier si le navire peut se raccorder à l’électricité au port et si l’opérateur précise sa gestion des eaux usées et des déchets ;
- éviter les excursions en autocars répétées et choisir des activités locales accessibles à pied, à vélo ou en petit groupe ;
- regarder la taille du navire : un très grand paquebot peut diluer certaines consommations par passager, mais sa présence pèse lourdement sur les petites escales ;
- préférer les compagnies qui publient des données vérifiables sur leurs carburants, leurs émissions et leurs dispositifs de traitement, plutôt que des slogans vagues.
Le train jusqu’au port, une cabine partagée et quelques jours de plus dans une même région réduisent souvent l’empreinte globale du séjour. Une escapade sur l’île d’Yeu ou sur les côtes bretonnes permet aussi de profiter de la mer sans transformer chaque journée en traversée longue distance.
Réglementation en vigueur pour limiter l’impact des bateaux de croisière
Afin de réduire l’empreinte environnementale des bateaux de croisière, plusieurs organismes internationaux ont mis en place des réglementations visant à encadrer leurs activités :
- L’Organisation maritime internationale (OMI) fixe des normes concernant les émissions atmosphériques, la teneur en soufre des carburants et les rejets en mer des navires.
- Des zones de contrôle des émissions imposent des limites plus strictes pour certains polluants, notamment dans plusieurs régions côtières très fréquentées.
- La Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) encadre la gestion et l’élimination des hydrocarbures, eaux usées, déchets et autres substances produites par les navires.
Certains pays, régions et autorités portuaires ajoutent leurs propres exigences : interdiction de certains rejets, quotas d’escales, taxe environnementale, raccordement électrique ou restrictions de navigation près des habitats sensibles. Le contrôle demeure décisif. Une norme ne protège les océans que si les installations portuaires suivent, si les équipages peuvent l’appliquer et si les infractions sont réellement sanctionnées.
Impact des bateaux de croisière sur l’environnement : ce qu’il faut retenir
La croisière cumule plusieurs pressions : émissions atmosphériques, pollution de l’eau, déchets, bruit et fréquentation intense des escales. Les progrès techniques et les règles plus strictes peuvent limiter une partie des dégâts, sans effacer le coût environnemental d’un voyage à bord d’un navire-hôtel. Choisir un itinéraire lent, des ports équipés, des excursions sobres et un opérateur transparent est la façon la plus concrète de voyager en mer avec davantage de discernement.




